Les organes

Le besoin d’organes humains est croissant et les donneurs restent rares, d’où l’urgence d’investir dans la recherche sur les organes artificiels

Les organes artificiels et leurs applications civiles

Les organes du futur seront artificiels

La recherche sur les organes artificiels, un pas que l’hôpital universitaire de Berne a déjà franchi, avec l’inauguration, fin 2010, d’un centre spécialisé dans ce domaine.
«Pourquoi est-il important de développer des organes artificiels? La réponse découle des faits. Lorsqu’un patient tombe gravement malade, on s’en prend au destin et on veut guérir. C’est un réflexe humain inné. Et lorsque les traitements ne suffisent pas, il faut parfois remplacer l’organe atteint», explique Felix Frey, chef de clinique en néphrologie à l’hôpital de l’Ile à Berne, et à l’origine du projet du centre de recherche.
«Dès lors, il faut bien comprendre que les greffes ne peuvent résoudre le problème du besoin d’organes. Evidement, il est réjouissant de savoir qu’un patient peut parfois continuer à vivre grâce à un donneur. Mais sur le nombre, ces chiffres restent insignifiants. Les organes disponibles pour des greffes sont tout simplement insuffisants», prévient le chercheur.

«Le domaine dans lequel je pratique, soit celui des reins, est un bon exemple. Dans le monde, un million de personnes vivent grâce à un appareil de dialyse, qui, en réalité, est un organe artificiel à l’extérieur du corps. Bien sûr, des transplantations sont également réalisées, mais il y a des problèmes de carence et de fonctionnement sur la durée, sans compter les effets secondaires dus à la prise de médicaments. C’est pourquoi, il faut concentrer les efforts sur la recherche», insiste Felix Frey.
Aussitôt dit, aussitôt fait. En moins de neuf mois, et recourant à ses propres ressources financières, l’hôpital de l’Ile à Berne (Inselspital), a construit un centre de recherches de 1000 m2, destiné à quelque 300 enseignants, étudiants et post-doctorants, spécialisés en biomédecine et dans le domaine des organes artificiels.


Les organes artificielles et leurs applications militaires

L'armée s'intéresse de près au sang artificielle

Transfuser à un homme des globules rouges issus de ses propres cellules souches sanguines : c’est la grande première que des chercheurs français ont réalisée, et dont les résultats ont été publiés dans la revue américaine Blood le premier septembre 2011.
Le professeur Douay, hématologue, et son équipe de recherche (Inserm - Université Pierre et Marie Curie) sont les pionniers dans le domaine de la création de globules rouges à partir de cellules souches. Cette expérience est l’une des étapes d’un long parcours susceptible de conduire à la production industrielle de globules rouges. A terme, ces travaux pourraient constituer une solution au problème de la pénurie de sang qui risque de s’aggraver dans les années à venir.

Toutes les autres tentatives de créer des substituts du sang ont échoué, qu’il s’agisse de molécules chimiques chargées de transporter l’oxygène dans l’organisme, ou d’injecter de l’hémoglobine pure, de l’hémoglobine recombinante, ou encore de l’hémoglobine d’origine animale. Des études ont même montré que ces différentes techniques augmentaient le risque d’infarctus du myocarde de trente pourcents, indique le professeur Douay. Actuellement, l’utilisation des cellules souches semble donc être la piste la plus prometteuse.

Mais alors, l’aboutissement des travaux de l’équipe de l’Inserm et de l’Université Pierre et Marie Curie signifie-t-il, à terme, la fin du don du sang ?
Si l’équipe du professeur Douay est pionnière dans ce domaine, d’autres chercheurs planchent aussi sur cette question en Corée, en Angleterre ou encore en Australie. Les Américains sont également très intéressés, notamment l’armée, par l’approvisionnement en sang "artificiel". La fabrication de globules rouges à partir de cellules souches est donc une piste d’avenir pour les jeunes chercheurs.


Les organes artificielles dans la science fiction

Repomen : Les repreneurs d'organes

Repo Men est un film américano-canadien de science-fiction appartenant au genre cyberpunk, réalisé par Miguel Sapochnik.
L’histoire se situe dans un futur où le don d'organe n’est plus un problème grâce au développement de la biotechnologie. Néanmoins, le coût d’une greffe reste élevé et l’Union, société qui gère le don d’organe, en a le monopole. Les personnes ne s’acquittant pas de leurs lourdes dettes sont confrontées aux Repo Men (les repreneurs), agents dont la mission est de reprendre les organes greffés des mauvais payeurs en toute légalité.

Si ce film a recu un grand nombre de critiques négatives, il a tout de même pris une grande place au milieu des oeuvres traitant de la bio-mécatronique. Alliant habilement le divertissement gore et la réflexion, la légèreté du second permet de se focaliser sur le premier, tout en soulevant des questions après avoir visionné le film.
Repo Men, un film à voir au moins une fois, que l'on soit passionné de nouvelles technologies ou non.