Les jambes

Il est loin le temps où une simple jambe de bois suffisait à remplacer un membre perdu. Aujourd'hui, les recherches se poursuivent pour améliorer les prothèses de jambes déjà existantes.

Les jambes robotisées et leurs applications civiles

Une prothèse de jambe avec une intelligence artificielle intégrée

La prothèse illustrée sur la photo ci-contre, baptisée Power Knee, est capable d’apprendre la façon de marcher de son utilisateur. Elle va ensuite bouger lorsqu’il marche, ou qu’il monte des escaliers, de la même façon que la "vraie" jambe. Société islandaise, Ossur est basée à Reykjabik. Son concepteur, Finn Gramnas, a commencé en testant ses prothèses sur sa fille. Jon Sigurdson, PDG de l’entreprise, explique que son but est de créer des membres artificiels aussi utiles, voire plus que leur pendant biologique.

La prothèse contient des capteurs, des moteurs et un calculateur intégré, qui, en fonction du sol sur lequel est posé le pied, vont corriger la posture, et aider le mouvement en bougeant de façon active.
En plus des membres de remplacement pour les personnes amputées, Ossur vise aussi à créer des membres "améliorés", qui augmentent la puissance des mouvements. A quand un cyborg, avec un torse d’homme et des membres robotiques à la force surhumaine ? On en est encore loin, mais peut-être pas tant que ça...

Les jambes robotisées et leurs applications militaires

B-TEMIA, une jeune entreprise québecquoise planche sur le militaire bionique

B-TEMIA, une jeune entreprise technologique de Québec fondée par Stéphane Bédard, l'inventeur de la jambe bionique, planche sur le dermosquelette, un appareil d'assistance à la mobilité permettant de réduire l'impact des troubles musculo-squelettiques aux jambes et du dos et de prévenir les blessures.
L'idée n'est pas de permettre au militaire de sauter par-dessus un édifice, mais de le protéger contre les blessures au dos et aux genoux causées par la surcharge d'équipement qu'il transporte souvent sur une longue distance", explique la directrice de la gestion de produits et du marketing de B-TEMIA, Korina Fischer.

Pour le moment, l'entreprise privée, créée il y a un an à peine, refuse de lever le voile sur le dermosquelette, une technologie qui fait appel à la biomécatronique. La concurrence est féroce et B-TEMIA craint de se faire copier.
Il s'agit d'une jambière mécanique entièrement automatisée qui travaille en synchronisme avec les mouvements des jambes dans le but de fournir la force supplémentaire aux joints articulaires afin d'assister le travail musculaire et de réduire la consommation d'énergie.
Sur le marché, il existe déjà des exosquelettes. Il s'agit d'un robot dans lequel s'introduit le militaire qui suit les pas de l'appareil. "Avec notre technologie, c'est l'utilisateur qui initie le mouvement. Pas le robot", indique Mme Fischer.

Deux autres marchés sont dans la mire de B-TEMIA : celui de la réadaptation physique et celui de la santé et de la sécurité au travail. L'entreprise, qui compte moins de 10 employés, a reçu l'aide des gouvernements pour l'appuyer dans le développement de son produit vedette.

Les jambes robotisées dans la science fiction

De rouille et d'os

De rouille et d’os, de Jacques Audiard, est un mélodrame bouleversant, mais peu conventionnel, sur la rencontre improbable d’un type un peu primitif, et d'une femme ayant perdu ses deux jambes lors d'un accident.
Le traitement du handicap n’est pas du tout ce qui intéresse à proprement parler Jacques Audiard dans son film : il s’intéresse bien plus judicieusement aux étranges relations qui unissent les deux personnes et il les filme chacun dans un rapport au corps bien particulier. Elle dans sa faculté à renouveler son corps sur des jambes bioniques, lui dans sa bestialité sauvage, dans son impossibilité à maîtriser parfois ses pulsions.

Tous les deux, par petites touches, s’apprivoisent doucement, et finissent par former un tout cohérent et insoupçonné… L’image et le symbolisme des corps s’expose de la première à la dernière image : le film s’ouvrant sur Ali et son fils avançant vers nous sur une route et se refermant sur Ali, Stéphanie et l’enfant, nous tournant le dos et sortant vers un ailleurs encore vierge, comme une famille recomposée prête à repartir sur de nouvelles bases… Il y aura entre temps ces images frontales de Stéphanie sans ses jambes et cette violence des combats remplis de testostérones auxquels se livre Ali.

Ce film narre à la fois les relations humaines qui peuvent se créer entre une personne handicapé et une autre personne, ainsi que le combat intérieur que doit mener l'héroïne pour surmonter son handicap.